Le projet de la statue du Jhernoz ou Zerno

J'ai un projet un peu fou; réaliser une statue du Zerno, l'un des premiers habitants de la vallée d'Aulps, et l'installer à Morzine, au milieu de la montagne, sur le promontoire rocheux du Machon.
Cette page est l'ébauche de mon projet, bien entendu c'est un long travail, pour lequel il faudra obtenir les autorisations et le financement. Ce serait une statue d'environ 3,50 m de hauteur, en métal.


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Une page qui répond à vos questions sur le zerno.

Pour commencer, voici l'histoire du Zerno, telle que décrite dans mon livre Chronique de Morzine, page 45 et suivantes:

 

-- LES PREMIERS HABITANTS DE LA VALLÉE ---

Avant d'aller plus loin, il nous reste deux questions à examiner.

La première est celle-ci : Y avait-il des habitants dans la vallée lors de l'établissement des Religieux à Saint-Jean-d’Aulps ?
Plusieurs historiens insinuent que ce terrain était inculte et désert. D'autres pensent qu'il était déjà habité. Cette dernière opinion semble fondée pour les raisons suivantes ; d'abord,c'est la tradition locale déjà recueillie par M. l'abbé Marullaz* (Hommes et Choses de Morzine), dont voici l'exposésuccinct : Lorsque les religieux furent établis à Saint-Jean, ils trouvèrent sur le territoire de Morzine, trois personnages, dont l'un, le Jhernoz, habitait Serraussaix [au lieu dit les Germes ?], lesecond, le Grou Braichard [Richard ?], était fixé au Baôd'Aulps** [le Beaudo dans la vallée de la Manche], et le troisième, la Dreffena [trois femmes ayant un chalet vers la fontaine de la Dorfenaz ?], résidait à Nion. L'abbé les fit donc appeler. Introduit dans le monastère, le Jhernoz quitte son manteau de peau et l'expose à un rayon de soleil qui pénétrait dans la salle, puis il se mit à marcher, faisant trois pas en avant et trois pas en arrière. A cette gymnastique, l'abbé reconnaît que cet homme est animé de bons sentiments, il le laisse donc partir en paix. Le fonds de cette tradition est vraisemblable. Les indigènes devaient habiter la montagne et non la plaine, parce que celle-ci offrait peu de sécurité. Elle servait de passage aux invasions étrangères qui la traversaient pour pénétrer dans le Valais, dans le Faucigny, le Valais et le Genevois. Du haut de leurs belvédères et refuges, les habitants pouvaient surveiller les mouvements des envahisseurs et, au besoin, prendre la fuite. Pendant ces siècles troublés, la plaine s'était couverte de forêts. Installés dans le voisinage, les Religieux devaient faire connaissance avec leurs sujets. Sans doute, ils n'en connaissaient pas le langage.Pour s'expliquer, on dut recourir à des signes.  Le manteau exposé aux rayons du soleil pouvait signifier que cet astre luit pour tous et que les nouveaux maîtres n'avaient pas le droit d'en priver ceux qui se trouvaient sur leurs terres. Les trois pas en avant et en arrière semblent indiquer que le comparant n'était pas grand seigneur, capable de porter ombrage à l'autorité de l'abbé, mais qu'il vivait au jour le jour, tantôt dans la prospérité, tantôt dans l'adversité, qu'au bout de l'année il n’était pas plus avancé qu'au commencement. Le Jhernoz aurait-il voulu indiquer par là qu'il émigrait de temps en temps pour rentrer ensuite  au foyer ? Dans ce cas, le mouvement d'émigration que l'on constate depuis quatre ou cinq cents ans, c'est-à-dire depuis l'époque où l'on trouve quelques documents, daterait de bien plus loin. Notons que ces trois personnages, qui se trouvaient dans chacune des trois sections actuelles de la commune pouvaient être la personnification, les représentants d'une population plus ou moins nombreuse. Cette affirmation est déduite du fait que, quelques années plus tard, lors de la publication des bans champêtres, en 1213, il fut convenu entre les Religieux et les habitants : que celui qui serait le premier, c'est-à-dire le tronc, dans chaque hameau serait responsable de tous les servis dus par ses consorts. Il y a des rapports entre le Jhernoz (germe, racine) et le Tronc dont parle cet acte.

* MARULLAZ (François) : Hommes et Choses de Morzine, simples glanes –
Imp. Masson – Thonon – 1912.
** Baô-d’Aulps : Plusieurs orthographes, vient du mot Bô, signifiant
petite grange à foin, et Aulps.
 -- La légende du Zerno --

Les explications publiées par l’abbé Pissard diffèrent de ses notes manuscrites ; « L’abbé d’Aulps fit appeler le zerno à Saint Jean et lui demanda des explications sur sa croyance. Il répondit en étendant son gros manteau roux au soleil, sur le plancher de la chambre, ce qui signifiait d’après la tradition qu’il croyait en Dieu. Ne pourrait-on pas donner aux détails de cette entrevue l’interprétation suivante ? Ces trois individus représentaient quelques habitants indigènes qui habitaient le pays à l’époque ou la vallée fut donnée par le comte de Faucigny. Ceux-ci apprenant par les premiers colons l’existence de ces indigènes, voulurent sans doute les convoquer pour faire connaissance avec eux, régler leurs titres de propriété et leur apprendre que toute la vallée était aux religieux. Ce que voyant, les indigènes étendirent leur manteau au soleil, pour montrer que tout le monde a droit à la terre, comme tout le monde a droit au soleil. » Cette histoire qui se transmet de génération en génération est plus à considérer comme une légende que comme un fait historique vérifié, et il n’y a à ma connaissance qu’une seule version écrite, celle de l’abbé Pissard, de plus, elle diffère entre ses notes personnelles et la forme publique qu’il en donne dans la chronique. Estella Canziani* cite une légende similaire entendue dans la vallée des Arves en Savoie. Une autre explication de ce mythe de la fondation de Morzine est fournie par Charles Népotte**, qui a rédigé un mémoire d’ethnologie, dans lequel il compare les versions de John Baud et du Chanoine Marullaz. Il établit comme traduction sociologique du mythe dans la société morzinoise, un rapport entre les Rats Blancs (population plutôt religieuse et conservatrice vivant rive droite de la Dranse), et les Rats Rouges (population plus progressiste). Selon lui ; « Le mythe explique que Morzine a été initialement unitaire ; mais pour acquérir les biens de la culture il a fallu sortir de la nature donc à perdre son rapport au sacré. L'histoire du mythe explique en effet comment le Grou Braiçhard est sorti de la sauvagerie morzinoise préexistante pour s'allier avec les moines. Comme finalement tout le monde se retrouve dans la vallée, il n'y a plus alors d'espace de liberté. En conséquence si la société morzinoise accepte les principes d'autorité des abbés elle veut conserver son indépendance : elle aura donc son église qui ne sera ni Rat Blanc ni Rat Rouge. » Suit un chapitre consacré au mythe du choix de l’emplacement de l’église, qui sera décrit plus loin par l’abbé Pissard. Le patronyme Gerno, est selon Généanet surtout porté dans les Côtes-d'Armor, c'est la forme bretonne du nom de personne d'origine germanique Gernwulf (gern = ardent, zélé + wulf = loup).

* CANZIANI (Estella) : Costumes, Moeurs et Légendes de Savoie – Ed.Équinoxe – Barbentane – 2003 – ISBN 2-84135-275-7.

**

 NÉPOTTE (Charles) : Rats Blancs et Rats Rouges : au confluent d’une identité et d’une partition de l’espace social morzinois – Mémoire de Maitrise àl’Université de Paris X – Nanterre – octobre 1995 – P73 à 82.


Voici deux autres versions de cette légende, reprises dans la thèse de Charles Népote.

 -- John BAUD en  donne la version suivante EN 1947 --
Seule la légende (ou la tradition orale) nous renseigne sur les premiers habitants de Morzine. Ils vivaient sur les alpages, car l'emplacement du futur chef-lieu et des hameaux était couvert d'épaisses forêts.
Elle a conservé les noms de trois familles qui tiraient leurs subsistances de leurs troupeaux et ne descendaient pas, même l'hiver, au fond de la vallée. Le Grou Braîchard et les siens vivaient au-dessus du Bao d'Aulps; le Jhérnoz dans la région de ce nom, en direction d'Avoria, et les Dréfennes (trois femmes disent les uns, "Tret Fénets"), figures assez mystérieuses, tenant de la fée, habitaient près de la fontaine des Drefermaz, dans les près de Nions.
Leur abbaye construite, les moines invitèrent les montagnards à y suivre les offices.
Le Grou Braîchard, homme pieux, monté sur sa mule et suivi de sa famille, descendait à St-Jean d'Aulps tous les deux dimanches pour y assister à la messe ; il avait grande allure avec sa belle barbe, son manteau rouge, la hache brillante qui lui servait à tuer les ours, les loups et les féroces lynx hantant les forêts.
Par contre le Jhérnoz, sourd à l'invite des religieux, refusait toujours de se rendre à l'abbaye. Lassé par leurs injonctions, il se présenta un jour au monastère.
- Pourquoi, lui dit l'abbé, ne viens tu pas ici, comme les autres, prier Dieu (ou payer la dîme, selon certains conteurs).
- Je l'invoque aussi bien là-haut, près du Ciel, que dans ta sombre demeure !
- Mais, comment pries-tu ?... et t'écoute-t'il ?
Un rayon de soleil pénétrait dans la salle. Le Jhérnoz dégrafa son manteau de cuir de loup, et le lança du même geste sur le rayon solaire où il demeura suspendu à la stupeur de l'abbé.
Puis le Jhérnoz fit trois pas en avant et deux pas en arrière et dit :"Voilà comment je prie le Créateur, ami des hommes, et pourquoi je n'ai nul besoin de venir l'invoquer chez toi."
L'abbé le laissa partir.
Les vieux conteurs diffèrent sur l'explication de cette scène. Le Jhémoz est considéré comme un champion des franchises des montagnards, comme un adorateur du soleil, ou même comme un sorcier.
Les Dréfennes connaissaient les vertus des plantes de la montagne, les mystères des fleurs et des sources et les gisements de métaux précieux. On trouve dans ces contes d'étranges réminiscences des légendes germaniques. »

-- Le Chanoine Marullaz en  donne aussi une version légèrement défférente --
Par contre le Jhérnoz refusait toujours de se rendre à l'Abbaye, malgré les instances de l'Abbé si bien que ce dernier, découragé, avait perdu l'espoir de vaincre la résistance obstinée du montagnard. Aussi, grande fut sa surprise, lorsqu'il vit, un beau jour, le Jhérnoz en personne, sur sa jument, entrer à l'Abbaye.
- Eh bien, lui dit le bon Abbé, dis-moi donc pour quel motif tu ne viens pas  plus régulièrement  prier Dieu*.
- C'est que je l'invoque aussi bien chez moi, près du Ciel, sur ma montagne, que dans ta sombre demeure.
- Mais, comment fais-tu pour le prier ?... et crois-tu qu'il t'écoute ?
Le Jhérnoz prend alors son manteau de peau de loup, et le lance sur un rayon de soleil, pénétrant dans la salle.
Au grand étonnement de l'Abbé et de ses religieux, le manteau reste suspendu sur le rayon solaire...
Le Jhérnoz fait ensuite « trois pas en avant, et deux pas en arrière » ; et s'adressant à l'Abbé : « Voilà, dit-il, comment je prie le Créateur ami des hommes, et pourquoi je n'ai nul besoin de venir le prier chez toi ».
L'Abbé le laissa partir, et ne lui demanda plus rien à l'avenir ».

*ou payer la dîme selon certains conteurs .

MARULLAZ (François) : Hommes et Choses de Morzine, simples glanes –
Imp. Masson – Thonon – 1912.

 
Zerno ou Jhernoz ? J'ai retenu la première orthographe issue des notes manuscrites de l'abbé Pissard.
On retrouve cette légende du manteau accroché aux rayons de soleil dans les contes provencaux tels que celui des souliers ferrats, ou de l'histoire de Frédéric Mistral au sujet d'un berger venu se confesser du meurtre d'une bergeronette qui accrocha innocemment son manteau sur un rayon de soleil dans la chapelle. Les armoiries de la ville de St Martin de Crau portent cette image du manteau sur un rayon de soleil.
Dans le Moyen-Âge, ce miracle a été attribué à de nombreux saints; Ste Alrunna, St Amable, St Florent, et St Goar.
Estella Canziani rapporte un évènement presque similaire à la Roche du Chatelard.
  Croquis préliminaires
 
 

Première maquette en terre,hauteur 30cm.
Janvier 2017.
 
 
 
 
Une première sculpture en Siporex, et ses différentes retouches. (Hauteur 60 cm).
Avril 2017
 
 

J'ai procédé à de multiples retouches de la sculpture, mais je ne suis pas encore satisfait de la posture.
 
 
Avril 2017

Je suis allé faire des photos en costume médiéval à Douvaine auprès de la compagnie de théatre Fun en Bulle, et également à Andilly.
 
 
Juillet 2017
 
   
 
Construction de la troisième maquette en terre papier, hauteur environ 45 cm.
Juin 2017
 
 
Maquette prête à être scannée.
 
Juillet 2017


Aspect souhaité pour la statue:
Corps en lames de Corten ep 2cm
Tête et avant-bras moulés en laiton, ou en plaque inox ep 1cm.
Bâton en cuivre.
Peau en plaques de granit ep 3cm.
Rayons de soleil en inox poli, ou billes de verre (je travaille encore sur ce thème).

Scannage de la statuette.
       

Découpe virtuelle en lamelles verticales.

Découpe virtuelle en lamelles obliques.
Découpe virtuelle de la peau.

Prochaines étapes:
Sculpture de la tête à l'échelle 1/1, en platre.
Découpe des éléments de la peau à l'échelle 1/1 en MDF.
Découpe des éléments du corps à l'échelle 1/1 en MDF.


Images 3D de la statue



Réalisation de la tête en platre.
Aout -> Novembre 2017
Le modèle de la tête en platre sera ensuite coulé en bronze.

Préparation du moule en plâtre silicone à l'Atelier de la Treille à Chissey les Mâcon. Novembre - Décembre 2017
         
         
         
         



Confection de la maquette des bras, en siporex, qui sera ensuite enduit de STO et de plâtre, en vue d'un moulage bronze.
Novembre 2017
         
         
         

Pour l'implantation, le sommet du Machon.


Implantation au
sommet du Machon, dans
 la combe du même nom, au milieu des pistes de ski d'Avoriaz.
       
 
    Voici l'aspect que je souhaite donner à la statue,
une composition de plaques de métal qui formeraient son profil.
La prochaine étape consistera en la réalisation d'une statue d'environ 1,7 m en panneaux de bois découpés et assemblés, dans ce style.
Le style se rapprocherait des sculptures d'Olivier Duhamel.

         
       
Présentation du projet à Morzine, le 11 novembre 2017 avec l'APHPM.
Téléchargez le fiche présentant le projet.
   
       
Page des spécifications techniques pour la réalisation de la statue.

Le projet du Zerno en questions réponses.
     

 

 

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 Copyright: Jean Christophe RICHARD.  Mis à jour le 03/12/2017

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